Archive pour la Catégorie 'Lettres fantômes'

Parfois on se trompe aussi

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J’ai envie de me blottir dans tes mots.
C’est peut-être de ça que j’ai peur. De chercher une consolation auprès de toi, alors que ça ne se fait pas.
Ou de repartir tout de suite dans quelque chose de très fort, sans avoir le temps de « faire mon deuil », sans avoir le temps de « prendre le temps », ce que me conseillent tous ceux qui m’entourent alors que j’ai horreur de ça, horreur de prendre le temps, horreur d’attendre, alors que je n’ai jamais fait rien d’autre que me lancer tête baissée.
Ou d’admettre quelque chose qui me paraissait inconcevable il y a quelques mois, qu’on puisse vraiment, avec la même intensité et la même souffrance, aimer deux personnes en même temps.
Ou de vivre cette chose folle qui s’annonce entre nous, qui est déjà là quoi qu’on en dise, qui est grisante, enivrante, et de laisser venir ce plaisir alors que je devrais être triste.
Ou de ne plus très bien savoir faire la différence entre ce qui m’apparait raisonnable et me fait fuir, et ce qui pourrait me faire souffrir et ne suffit pas à me faire fuir.
Ou de trahir, de le trahir lui, et de malgré moi lui donner raison parce qu’il disait dès le début que je finirais par tomber amoureuse de toi, et de te trahir toi, parce que je refuserais de vivre ce que je voudrais vivre avec toi.
Et de ne plus bien comprendre non plus ce que veut dire être amoureux, aimer, à partir de quand on se l’avoue, on se le dit, on l’admet. Qu’est-ce qui fait la différence entre des sentiments très forts et l’amour. Qu’est-ce qui fait la différence entre l’entente incontrôlable de deux corps et l’entente plus contrôlable, ou en tout cas plus compréhensible, du reste. J’ai eu envie de te dire que je t’aimais, les mots qui cognaient sur mes lèvres, c’est souvent un signe, mais parfois on se trompe aussi.
Quand je voulais t’écrire l’autre jour que ça me paraissait inconcevable qu’on soit ensemble, je me suis souvenu que j’ai ressenti ça à peu de choses près à chaque fois, et que ça ne veut rien dire.
Parce que qu’est-ce que ça changerait ? Est-ce que tu crois vraiment, sincèrement, que nos corps s’entendent si bien simplement parce que c’est interdit ? Qu’est-ce que ça voudrait dire qu’on soit ensemble, qu’on arrive ensemble à des fêtes, qu’on se tienne la main dans la rue, qu’on mange au restaurant les yeux dans les yeux ?
Ça voudrait dire qu’on s’appellerait, qu’on se verrait plus souvent ? Qu’on serait là l’un pour l’autre dans les moments difficiles ? Est-ce que sans être là physiquement on ne l’est pas déjà un peu, est-ce que la pensée de l’autre ne nous accompagne pas déjà quand on souffre ?
Tu me disais qu’on ne pourrait pas s’apporter de stabilité l’un à l’autre, et c’est ce que je me suis dit souvent. C’est vrai, je n’ai rien d’un garde-fou, moi aussi je bascule, mais je me relève vite, et c’est je crois tout ce que je peux offrir, mais c’est déjà pas mal, ma joie, ma force, mon envie.
Et combien de fois je suis venue chez toi pour une heure, pour ne faire que baiser, avec l’intention idiote de revenir à quelque chose d’uniquement sexuel, alors que si on est un peu honnête ça ne l’a jamais été.

Ma pauvre condition de femme

Alors on en est là, tu me plonges bien malgré moi, à mon tour, dans des questionnements existentiels. Je sens beaucoup peser là-dedans ma pauvre condition de femme, à qui le temps est compté, à qui on dit qu’avoir des enfants est une expérience centrale, devant qui on agite le spectre de la femme seule et desséchée.

Parfois je pense que j’aurais préféré que tu sois mort

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Parfois je pense que j’aurais préféré que tu sois mort.

Tu es venu me voir cette nuit dans mon rêve, comme si de rien n’était. On essayait des chapeaux et des bonnets dans un magasin en rigolant et tu m’as demandé quand partait mon train : comme si souvent dans mes rêves, je ne le savais pas et j’ai eu peur de l’avoir déjà raté.

Sale retour en arrière, sale amertume dans ma bouche en me réveillant ce matin.

Je ne sais même plus quelle est ta consistance, quatre ans après. Je n’ose plus en parler aux gens de peur de les lasser. Je ne sais plus ce que tu représentes, ce que veut dire ton fantôme. Qu’est-ce que je colle sur ta peau.

Tu te greffes sur mon amour d’aujourd’hui et vos visages se mélangent.

Dans mes souvenirs avec lui c’est souvent toi que je vois. On réalise ensemble les rêves que j’avais avec toi.
C’est un amour malade, un amour qui n’a pas de réalité. Je me raconte pour essayer de me raisonner que si je te rencontrais aujourd’hui, je ne t’aimerais pas.
Et j’essaie encore de comprendre si on était vraiment heureux ensemble ou si j’ai réécrit l’histoire, sans savoir très bien ce que ça changerait. Je me demande encore si mon amour d’aujourd’hui est mieux, ou en tout cas aussi bien que toi, et il m’arrive de ne pas savoir répondre. Parfois je réponds méchamment qu’avec toi on avait toujours des tonnes de choses à se dire, qu’on se s’ennuyait jamais. Il m’arrive aussi de répondre que toi, tu étais plus égoïste, plus immature et plus secret.
Si tu étais mort je pourrais être une jeune veuve héroïque que les gens admirent, je pourrais continuer à te pleurer en toute légitimité et je n’aurais aucun regret.

J’ai si peur de ne plus jamais aimer personne comme toi, ne serait-ce que parce que je ne sais même plus vraiment comment je t’ai aimé – et que je n’arrive toujours pas à te laisser partir.




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